Les effets sismiques
les effets de site

La nature et la cohésion des formations superficielles semblent jouer un rôle non négligeable dans la propagation des ondes sismiques.
Ainsi il semblerait que les formations meubles amortissent les secousses lorsqu'elles sont épaisses et les amplifient lorsqu'elles sont minces. On pense dans ce dernier cas aux alluvions, altérites ou remblais. L'étude des séismes passés permet d'accréditer un peu plus cette thèse.

Ainsi en observant la carte isosismique du tremblement de terre d'Arette, et en faisant référence aux conclusions de Xavier PIOLLE, on peut effectivement constater que non seulement les divers types de sol ont influé sur le tracé des isoséistes et par là-même sur la diffusion des ondes et des secousses, mais ont également influé sur l'ampleur des dégâts et ce dès la proximité du foyer.

En conséquence il apparaît plus que nécessaire de prendre en compte ces paramètres. D'ailleurs les cartes de sismicité instrumentale semblent démontrer que les vallées des gaves sont des sortes d'autoroutes à ondes sismiques. Elles peuvent répercuter le choc émis par les secousses telluriques bien au-delà des zones connues comme sismiques.
Et c'est aussi là qu'un réel danger existe. Les failles récentes et anciennes jouent en servant de caisse de résonance (exemple du séisme d'Arette ressenti dans la région bordelaise).

La question du substrat apparaît donc comme déterminante. Il faut toujours s'interroger : est-on dans le cas d'un substrat meuble et donc non cohérent comme les sables, les argiles ou dans le cas d'un socle composé de roches sédimentaires bien soudées comme le calcaire, de roches métamorphisées comme le gneiss ou le marbre, ou encore le granite ?

Les séismes de Mexico en 1985 et de Kobé en 1995 sont des références en la matière.

Lieu
Magnitude Conséquences
MEXICO 8,1 4000 victimes, 300000 sans-abris
KOBE 7,2 6424 morts

On ne pouvait pas terminer cette intervention sans aborder la question des effets induits, c'est-à-dire des conséquences non directement liées au séisme mais dans lesquelles le facteur sismique a joué le rôle de déclencheur. Ce paramètre peut venir aussi quelque peu modifier la cartographie du risque sismique telle que nous la concevons.

les effets induits

Peu de séismes se traduisent par des modifications morphologiques. Dans le cas des Pyrénées seuls des éboulements ou tarissements de sources sont observables généralement.
En revanche des phénomènes de plus grande ampleur peuvent être imputés aux séismes. L'origine de ces manifestations n'est pas sismique mais leur survenance en dépend.

Au niveau local on pense au glissement du Valentin en vallée d’Ossau qui, bien qu'inscrit dans un processus d'érosion classique, aurait vu sa destinée précipitée par un séisme ou un micro-séisme valléen. Par la secousse on passe du système équilibré à un système déséquilibré.
L'exemple du séisme de Nice de juillet 1564 est à ce niveau significatif. Le tremblement de terre était de magnitude moyenne mais les mouvements de terrain associés ont fait 900 morts.

Des conséquences aggravantes d'ordre naturel mais également qui peuvent être d'ordre technologique. On pense ici aux complexes industrialo-chimiques ou à tout autre site à risque, comme les barrages notamment (Malpasset : 1959 – 423 morts). C'est pourquoi d'ailleurs une surveillance de l'activité sismique a été mise en place.

En conclusion, la compréhension des phénomènes tectoniques, l'analyse de la sismicité historique et les apports de la sismicité instrumentale font apparaître que l'activité sismique des Pyrénées occidentales est loin d'être négligeable.
Et si l'on est à l'abri selon toute vraisemblance d'un séisme cataclysmique ou comparable aux californiens ou aux japonais, on ne peut pas exclure le fait que tôt ou tard un tremblement de terre d'une intensité proche de VIII sur l'échelle MSK, un autre Arette en quelque sorte, se produira : « in secula, seculorum ».

Quand ?
Voilà la question à laquelle personne ne peut se risquer d’y répondre.

Dans les années 80 Haroun TAZIEFF, de passage à Oloron-Ste-Marie, avait déclaré que le Haut-Béarn allait sans doute connaître un séisme majeur avant la fin du XX ème siècle. Depuis, toujours rien...